Lorsque j’avais 21 ans, j’ai démarré ma première grande aventure au Vietnam, en tant qu’expatriée. J’y ai vécu un an. J’ai aimé cette sensation de liberté, de découvertes sur moi et sur les autres, et ce dépaysement.

A l’époque, on me disait déjà mais « Pourquoi le Vietnam ? », « Pourquoi partir aussi loin ? », « Tu n’as pas peur ? ».
Aujourd’hui, on me pose les mêmes questions : « Pourquoi le Marathon des Sables », “Tu ne peux pas choisir plus facile comme course pour commencer ? », « C’est dangereux non ? ».

Il y a de la peur dans l’inconnu, c’est vrai. De mon côté, ma curiosité a toujours été plus importante que ma peur (et j’ai vraiment un tempérament anxieux). J’ai la chance d’avoir connu la famille Basty (Alain, Monique et Elise), qui connaissent bien l’épreuve et surtout qui ont cru en ma capacité à y participer. Sans eux, je n’aurais pas pensé à m’inscrire. De plus, je suis téméraire mais pas folle, je mets tout en place pour me préparer mentalement et physiquement.

Afin de calmer cette “peur”, je l’ai décortiqué à l’aide de mon coach de préparation mentale (Sébastien Ména) et j’ai dressé une liste des choses à faire avant mon épreuve. Parmi ces choses là, voici quelques exemples :

  • se faire opérer de la myopie : pour ne pas avoir à gérer les lentilles de contact en plein désert,
  • rejoindre un club d’athlétisme : pour m’initier au trail, obtenir des conseils plus techniques et rejoindre une communauté,
  • prendre soin de mes pieds (qui me porteront jusqu’à la ligne d’arrivée) – suivi par un podologue
  • avoir une alimentation adaptée à ma pratique sportive – suivi par un nutritionniste
  • prendre soin de mon corps : suivi par un cardiologue, un kinésithérapeute…
  • s’inscrire à des séances de CrossFit : pour muscler mon dos et le préparer à porter une charge de 8 à 12kg pendant 250km notamment.

De plus, la solidarité s’est vite installée au sein de l’équipe. Nous partageons repas, astuces, retours d’expérience, entraînements, doutes, motivation… L’appréhension disparait toute seule lorsqu’on est une équipe.

Finalement la projection des peurs des autres m’a aidé, grâce à leurs objections, à mieux me préparer. Les limites sont celles que l’on se met à soi-même. Je pense que c’est important d’en prendre conscience quand on souhaite évoluer.

Le fait de croire en mon projet et de m’en donner les moyens, a rassuré mon entourage, qui aujourd’hui représente un soutien infaillible pour moi. Sans avoir même pris le départ, j’en ressors déjà très enrichie.

Elodie

Elodie - Canigou