Du sable fin, chaud, du soleil… facile de s’imaginer en vacances dans le Sahara sud marocain ! Mais rajoutez 250 km à parcourir dans le désert dont les températures avoisinent les 50° ? en autosuffisance alimentaire, avec un sac à dos de près de 8/10 kg avec de quoi survivre toute une semaine. Non ce n’est pas l’enfer. Sur la ligne d’arrivée je réalise que je viens de réussir l’une des courses les plus dures au monde : Le Marathon des Sables. Je suis marquée à jamais.

Je vis la même chose que les 1200 participants, au même moment. On se soutient tous dans l’effort. La solidarité est présente, là plus qu’ailleurs. Tu veux consolider la tente berbère car la tempête de sable s’est invitée, alors tu vas chercher des gros cailloux, tu veux manger chaud, tu vas ramasser du bois, tu veux faire un peu de toilette, tu t’éloignes du bivouac. A 8 sous la tente, nous formons une petite tribu. On partage tout. Au bout d’une journée, tout devient familier, on a l’impression de vivre ensemble depuis longtemps. Nous partons chaque matin, pour quelques dizaines de kilomètres. On se souhaite tous bonne course, bonne chance et on se dit « à tout à l’heure ».

Les paysages sont magiques, les dunes se modifient sous l’action du vent mais le désert reste lui-même. Comme toi, au fur et à mesure que tu avances, que tu avales les CP (check point), tu changes mais comme le désert tu restes toi-même.

La vie est courte, alors j’essaie d’être heureuse avec mes proches, j’évite de confondre confort et bonheur.
On revient du MDS plus fort et plus humble car ce raid désertique nous construit et nous aide à nous recentrer sur l’essentiel, à remettre chaque chose à la bonne place.

Je reviens chaque fois avec du sable au fond du cœur, pour toujours.

Monique